Clap de fin pour le très décrié superviseur exécutif de l’Eurovision et de l’Eurovision Junior, Martin Österdahl, après 5 années où il aura tenté de transformer le concours. L’UER a confirmé son départ pour cet été.
Son rôle aura été mis à rude épreuve dès le début avec la crise du COVID qui aura contraint l’annulation du concours pour la première fois de son histoire. Succédant à Jon Ola Sand au poste de superviseur exécutif, il aura été amené à mettre en place un dispositif repensé pour assurer le bon déroulement du concours en 2021.
Après la victoire de l’Ukraine dans une organisation un peu chaotique du concours 2022 en Italie qui aura vue des gros problèmes techniques imposer un « soleil noir » sur la scène du concours et l’éviction des diffuseurs russes et biélorusses de l’UER, Il aura dû faire face à l’organisation conjointe du concours 2023 au Royaume-Uni avec la BBC et la télévision ukrainienne. Martin Österdahl tente lors des répétitions une révélation des qualifications au terme des demi finale qui est jugée humiliante pour les artistes, alignés en rang d’oignons sur la scène en attente de leur qualification ou non qualification pour la finale à la façon du Melodifestivalen. De l’avis général, si le concours se doit d’évoluer avec son temps, il ne doit pas nécessairement copier les codes de la téléréalité. Le projet sera abandonné. L’adaptation du concours à la « suédoise » commence à agacer.
S’en suivra une édition extrêmement tendue en 2024 à Malmö notamment en raison du conflit israëlo-palestinien où les artistes souffriront du climat délétère entretenu par la délégation israélienne sur site au point où le candidat des Pays-Bas sera disqualifié le jour de la finale du concours et ce, sur la base d’accusations qui s’avèreront non fondées selon la justice suédoise. De toutes façons, trop tard pour réparer ce que l’UER n’avait jamais reconnu être une erreur… L’UER et Martin Österdahl sont accusés d’inaction et de parti pris en faveur d’Israël en raison du sponsor du concours MOROCCANOIL, une entreprise israélienne. La gestion du concours aura été jugée calamiteuse par certains diffuseurs participants et par les fans du concours. Le public en arrivera à huer Martin Österdahl à chacune de ses apparitions.
Cette crise entrainera en 2025 une gestion « bouclée » du concours en Suisse : Un directeur spécifique du concours est créé par l’UER (Martin Green) afin de moins exposer le superviseur exécutif, l’UER limite les drapeaux pouvant être brandis ou apportés; Les conférences de presse sont purement et simplement supprimées pour éviter les écueils de 2024; un traitement audio visant à supprimer les sons venant du public durant la prestation israélienne est mis en place… Les fans goutent peu ces changements. Martin Österdahl est confiné dans une salle à part et n’est plus dans la salle du concert, officiellement pour des questions de place dans la salle et il ne s’exprime plus contrairement aux années précédentes afin d’éviter les huées qui recouvraient sa voix lors de l’édition 2024. Globalement, le concours se replie et tend à oublier ses valeurs d’inclusion afin de faire face aux polémiques. L’édition restera historique par ses audiences et sa résonance sur les réseaux sociaux. L’Eurovision touche de nouveau les jeunes depuis plusieurs années. C’est surement l’un des points positif notable de son parcours.
Martin Österdahl a été deux fois producteur exécutif du Concours Eurovision de la chanson (en 2013 et en 2016) et membre du groupe de référence de l’ESC pendant sept ans.
Martin Green, qui a été nommé directeur du Concours Eurovision de la chanson en 2024, assumera les fonctions de superviseur exécutif à titre intérimaire.
D’autres annonces devraient être faites dans le courant de l’été par l’UER.






